Arnaques · · 4 min de lecture
La FTC dit qu’une entreprise d’« aide contre la sextorsion » facturait des milliers de dollars pour peu
Un tribunal américain a suspendu les activités de Digital Forensics Corporation. Si quelqu’un menace de diffuser vos images, la vraie aide est gratuite, et voici où la trouver au Canada.

La sextorsion, c’est du chantage : quelqu’un menace de diffuser une image intime ou sexuelle de vous si vous ne payez pas ou n’en envoyez pas d’autres. C’est effrayant, et les personnes qui le vivent cherchent souvent de l’aide et paient quiconque promet que ça s’arrêtera. Le 13 octobre 2026, la Federal Trade Commission (FTC) des États-Unis a affirmé que l’une des entreprises payantes d’« aide contre la sextorsion » les plus connues profitait justement de ça.
Si ça vous arrive en ce moment, passez directement à « Où trouver de l’aide gratuite » plus bas. Rien de ce que vous avez fait n’est sans solution, et vous n’avez à payer personne.
Ce qu’allègue la FTC
La FTC a poursuivi (en anglais) Digital Forensics Corporation, établie en Ohio, son propriétaire Dmitry Belkin et un groupe d’entreprises affiliées, et un tribunal fédéral a suspendu temporairement les activités de l’entreprise. L’avis aux consommateurs (en anglais) de la FTC nomme des sites que l’entreprise exploitait, dont BlackmailHelpline.com, DigitalForensics.com, CyberBlackmail911.com et SecurityBreach911.com.
Selon la plainte, telle que la décrit la FTC :
- Des victimes ont payé entre 1 499 $ et 20 000 $ US pour un forfait « Phase 1 » censé retracer le maître chanteur, communiquer avec lui, produire un rapport d’enquête et signaler le crime à la police. Dans de nombreux cas, dit la FTC, ces services n’ont pas été rendus.
- L’entreprise poussait ensuite une surveillance « Phase 2 », que la FTC dit qu’elle n’a pas non plus fournie.
- Souvent, elle se contentait plutôt de bloquer le maître chanteur dans les comptes de la victime, ce que vous pouvez faire vous-même, inventait des transcriptions de clavardage et des détails d’enquête, et ne communiquait pas avec la police.
- Elle disait aux victimes de ne pas bloquer le maître chanteur et de la laisser continuer à lui parler, ce qui, note la FTC, est le contraire de ce que conseille le FBI.
- Les appels de vente jouaient sur des peurs adaptées à chaque personne, et l’entreprise supprimait les avis négatifs et générait des milliers de faux avis positifs.
La FTC dit que les victimes ont payé au moins 60 millions de dollars américains. Ce sont des allégations ; c’est le tribunal qui tranchera. USA TODAY (en anglais), dont l’enquête de 2025 est citée par la FTC, rapporte que l’entreprise a des bureaux dans plusieurs pays, dont le Canada.
Le scénario à reconnaître
C’est un cousin des arnaques de récupération qui ciblent des gens ayant déjà perdu de l’argent. Les signes sont les mêmes : quelqu’un trouvé par une publicité, qui promet une solution garantie, demande beaucoup d’argent rapidement et vous dit de n’en parler à personne. La vraie aide ne vous fait pas payer pour être en sécurité et ne vous demande pas de garder le secret.
Où trouver de l’aide gratuite
Les conseils de la FTC et ceux de Cyberaide.ca, au Canada, vont dans le même sens :
- Arrêtez de répondre, et ne payez pas. Cyberaide.ca dit que, dans les milliers de cas qu’il a vus, répondre aggrave le harcèlement. Si vous avez déjà payé et que l’argent n’a pas été encaissé, essayez d’annuler le paiement.
- Conservez les preuves, puis bloquez. Faites des captures d’écran des messages et du compte, puis bloquez-le et signalez-le à la plateforme.
- Parlez-en à quelqu’un de confiance. Vous n’avez pas à gérer ça seul.
- Signalez-le. Au Canada, communiquez avec votre service de police local. Si vous avez moins de 18 ans, ou si vous êtes inquiet pour quelqu’un qui a moins de 18 ans, faites un signalement à Cyberaide.ca et allez sur AidezMoiSVP.ca pour une aide étape par étape. Cyberaide.ca transmet les signalements de sextorsion à la police et dit communiquer souvent avec des plateformes comme Instagram et Snapchat pour faire fermer les comptes du maître chanteur.
- Faites retirer les images gratuitement. En Colombie-Britannique, l’Intimate Images Protection Service (en anglais, 1-833-688-4381) aide en cas de sextorsion et pour le retrait d’images. USA TODAY oriente les adultes vers StopNCII.org et les mineurs vers Take It Down, deux services gratuits.
Si vous envisagez quand même un service payant, la FTC suggère de chercher le nom de l’entreprise avec des mots comme « arnaque », « avis » ou « plainte », et de faire défiler la page au-delà des annonces payantes.
Sources
- Federal Trade Commission, FTC Sues Operator of Sextortion Relief Scheme for Misleading Consumers into Believing it Would Identify Criminals and End Sextortion Attacks (en anglais), 13 octobre 2026
- Federal Trade Commission, How to avoid deceptive sextortion assistance services and find real help (en anglais), 13 octobre 2026
- Federal Trade Commission, Digital Forensics Corporation, LLC, et al., FTC v. (en anglais, page du dossier)
- USA TODAY, Young men were sextorted. Feds shut down firm exposed by USA TODAY (en anglais), 13 octobre 2026
- Cyberaide.ca, Sextorsion
- Province de la Colombie-Britannique, Protect your images (en anglais)
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